Les grandes manœuvres de consolidation du marché des paris sportifs européen ont débuté outre-manche

14 Octobre 2015

Consolidation du marché des paris sportifs : Bwin.party est racheté par GVC Holdings

GVC Holdings rachète Bwin.Party

Avec 3 mariages effectifs en 2015, la consolidation du marché des paris sportifs outre-manche est bien engagée. GVC Holdings, Paddy Power et Ladbrokes sont les grands gagnants de ces alliances anglo-saxonnes. Elles préfigurent les grandes manœuvres à venir en Europe sur un marché qui va progressivement rentrer dans sa phase de maturité. Quant à eux, toujours dans leur lune de miel, les opérateurs français risquent de voir sonner l’heure de vérité lors de l’Euro 2016. Voyons quelles sont les permises de ces grandes alliances européennes.
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Le mariage de Bwin.Party Digital Entertainment et de GVC Holdings

Faisant suite à une première union pas très profitable entre Bwin et PartyGaming, le géant britannique Bwin.Party Digital Entertainment a été mis en vente fin 2014. Après des fiançailles avortées avec 888 Holdings, l’opérateur d’outre-manche (plus connu en France avec ses sites Bwin.fr et PartyPoker.fr) a finalement donné son consentement à GVC Holdings, après une bataille boursière qui aura défrayée la chronique tout l’été 2015. En mettant 1,1 milliard de livres sur la table, le petit poucet (GVC Holdings) épouse un partenaire à la capitalisation boursière 3 fois plus importante.

Bonne nouvelle pour les parieurs français, Kenneth Alexander, le président de GVC a indiqué qu’il souhaitait faire de Bwin le fer de lance de son offre de paris sportifs. La plateforme de jeu de Bwin (sur laquelle on trouve le site Bwin.fr) est en effet bien adaptée aux marchés régulés et devrait permettre au groupe de s’installer sur les autres marchés en forte croissance, comme le marché asiatique, mais aussi et de façon plus surprenante sur le marché africain.

Les noces entre l’irlandais Paddy Power et le britannique Betfair

Cela a été la 2ème surprise de l’été, l’annonce d’un rapprochement entre le partenaire irlandais du PMU (Paddy Power) et l’anglais Betfair, une société qui offre ses services de paris entre joueurs exclusivement sur Internet. C’est Paddy Poker, le roi du pari en dur (plus de 600 officines de pari, dont plus de la moitié en Grande-Bretagne) qui prendra le lead du nouveau groupe, affichant un CA combiné de 1,2 milliard de livres.

Cette nouvelle entité juridique, baptisée Paddy Power Betfair, devrait être le leader du marché en ligne britannique. Elle sera dirigée par Breon Corcoran, actuel directeur général de Betfair et un ancien de Paddy Power.

L’union ‘so british’ entre Ladbrokes et Coral

Dévoilé en juillet, le projet de fusion de Ladbrokes et de Coral a été la troisième surprise de l’été et témoigne d’une frénésie de consolidations tout azimut sur le marché d’Outre-manche.

C’est par un échange d’actions que les 2 groupes anglais ont décidé de fusionner, la nouvelle société portant le nom de Ladbrokes Coral, affichant un chiffre d’affaire combiné de 2,1 milliards de livres et mettant à sa tête, Jim Mullen, l’actuel CEO de Ladbrokes . Des synergies sont attendues dans le domaine physique (Ladbrokes et Coral disposant de l’ordre de 2000 points de vente chacun sur le Royaume-Uni), mais également dans le domaine online ou le nouveau groupe va se hisser de-facto à la 3ème place des opérateurs de jeu en ligne de la Grande-Bretagne, s’adjugeant 10% de part de marché.

En France, la consolidation du marché des paris sportifs pourrait attendre l’Euro 2016

Voilà à peine plus de 5 ans que le marché des paris sportifs est régulé en France. Et contrairement au poker ou la consolidation est déjà effective, les paris sportifs sont toujours en phase de croissance, le dernier entrant étant Winamax (son offre est effective en France depuis 1 an) et le dernier prétendant : PokerStars, le n°1 mondial du poker en ligne ayant décidé d’adjoindre un volet ‘paris sportifs’ à son offre poker.

Mais « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel » et les consolidations d’outre-manche ne font que préfigurer les grandes manœuvres à venir dans l’hexagone.

Il y a tout d’abord les fondamentaux du marché français qui restent handicapants : taxes élevées, limitation des paris autorisés, concurrence des sites illégaux,…. Il y a ensuite les effets de bord des consolidations anglaises: les opérateurs éconduits dans les mariages en cours (888 Holdings par exemple) risquent de venir chercher fortune sur nos terres tricolores.

Nous pensons cependant que les grandes manœuvres sur le marché hexagonal ne devraient pas commencer avant l’Euro 2016. La compétition entre les sites Internet risque d’être intense et on devrait y voir plus clair après cette épreuve phare, attendue par tous les amateurs de foot européens. Wait and See !